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MARC PAGES

Pour un nouveau démarrage

L'AMSTERDAMER

Tous ceux qui ont fumé la pipe ou fréquenté de près ou de loin un fumeur de pipe ont gardé le souvenir de ce tabac appelé « Amsterdamer ». Le tabac Amsterdamer était reconnaissable à son conditionnement dans des blagues bleues portant l’effigie d’un matelot venu du Nord, pipe au bec et dont la tête était recouverte d’une chapka. Mais ce qui distinguait ce tabac des autres, ce n’était pas sa texture ou la couleur des fibres hachées, mais bien son parfum particulier. Car, il s’agissait bien d’un parfum ou d’un arôme qui sensibilisait à la fois les récepteurs du nez (l’odeur) et de la bouche (le goût). Celui d’un subtil mélange de différentes feuilles de tabac aux origines variées, mélangées à un jus dont la composition n’était connue que du fabricant.

Je me rappelle fort bien quand, au cours de ma jeunesse, je m’étais laissé envoûter par les subtils accords odorants dégagés par la combustion de ce tabac. D’ailleurs, le fumeur d’Amsterdamer savait que par les fumerolles qu’il dégageait, il laissait un sillage olfactif fort reconnaissable, même pour un non initié.

Ce n’est pas tant le goût du tabac perçu dans la bouche qui plaisait mais celui du parfum qui se dégageait de la pipe et qui s’évanouissait alentour. Il est vrai que l’odeur caractéristique de ce tabac relevait en termes d’expression linguistique de l’expertise olfactive.  Cependant, je me rappelle que c’étaient plus particulièrement les odeurs de miel, de caramel et de pain d’épices qui retenaient mon attention. Il y avait aussi tous ces parfums d’épices que l’on trouvait dans certaines pâtisseries. Et c’est sans aucun doute, dans les moments les plus intimes lorsque je me retrouvais seul à fumer une pipe que s’exprimait tout un environnement odorant de senteurs suaves et sucrées qui excitaient mon odorat et compensait largement et heureusement le goût, plus âcre et plus empyreumatique, qui subsistait dans la bouche.

 

L’Amsterdamer, c’était une époque, celle de la vie étudiante, celle ou l’envie de fumer donnait une identité sociale et un besoin d’affirmation. Pour moi le parfum de l’Amsterdamer n’est plus qu’un souvenir lointain à ranger tel un vieil accessoire qui s’est évanoui dans la nuit des temps.

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