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QUAND LE VIN PRIT LA BASTILLE

 

Il n’y a pas que la version classique des manuels d’histoire (la révolution du peuple contre l’absolutisme royal) pour nous relater le 14 juillet 1789 et le soulèvement de Paris et la prise de la Bastille. Il y a aussi une version plus mercantile, celle de l’émeute des cabaretiers et pinardiers contre l’oppression fiscale.

 

On sait que la région parisienne était à cette époque une grande productrice de vins aux débouchés prometteurs. L’Etat y trouvait là un moyen de s’enrichir grâce à la mise en place des barrières fiscales, sous la forme de guérites placées aux entrées principales de la capitale. Malheureusement, avec une infrastructure vieillissante et un agrandissement rapide des limites de Paris, ces postes de contrôles douaniers devenaient de plus en plus vulnérables et en tous les cas, étaient le prétexte de tous les contournements et fraudes possibles. A titre d’exemple, on a vu s’ériger ou s’équiper le long de la dite « frontière » des guinguettes et des tavernes sur la limite interne de Paris ( zone exonérée de taxe sur les vins ) pour bénéficier des approvisionnements de proximité, que ce soit « sous le manteau » par les airs

(Ballons !) ou sous terre (tuyaux !).

 

 

 

Devant cette débauche d’incivilité, le roi Louis XVI ordonna en 1784 de reculer les barrières et d’en matérialiser le tracé par une véritable enceinte appelé « le mur des Fermiers Généraux ».

Les travaux commençaient à s’achever lorsqu’en janvier 1789, un nombre important de débitants de vin, se constituèrent en force d’opposition et ce devant notaire, pour faire comprendre à la Cour que l’on se dirigeait vers la ruine de la profession des marchands de vin. « Le mur murant Paris rend Paris murmurant » nous rapporte l’histoire. Des attaques en règle contre les agents du fisc, des révoltes de quartier commençaient à se multiplier ajoutant à la situation catastrophique dans laquelle vivait le peuple de Paris.

 

Citoyens chantant « l’hymne du Marseillais » des frères Lesueur (Lauros Giraud)Le 11 juillet 1789 un dénommé Monnier, marchand de vin et fraudeur notoire, prit la tête d’une bande armée et incendia la barrière Blanche, située vers la Gare Saint-Lazare. Puis les jours suivants, l’émeute gagna les quartiers du nord et de l’est de la capitale. La rumeur indiquait que des armes étaient accessibles à la Bastille et c’est ainsi que le 14 juillet 1789, le peuple prit d’assaut la Bastille, massacra la garnison. La tête du gouverneur de Launay fut brandie à bout de lance et c’est aux cris de « Révolution » et le tout fortement arrosé de piquette rouge ( couleur de circonstance ) que Paris s’embrasa de joie et s’enivra de vins.

 

 

 

 

 

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