Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

MARC PAGES

Pour un nouveau démarrage

UNE THESE BIEN AU PARFUM

La révolte étudiante derrière moi, j’obtins sans trop de difficulté ma maîtrise de sociologie en septembre de la même année. Aussitôt je m’inscris pour un troisième cycle en vue de l’obtention d’un doctorat. L’opportunité me fut donnée  par le Professeur A. Moles éminent psycho-sociologue, de travailler sur une thèse qui aurait pour thème : les Parfums.      

                              Peinture de Karl Spitzweg : "parfums de roses"       1850

Commencèrent alors la prospection et la recherche de tous ce qui fut écrit et réalisé en matière d’études sur les comportements et les odeurs. Cela provoquait dans mon proche entourage quelques sarcasmes. Ceux-ci considéraient qu’il s’agissait plutôt d’un travail folklorique à la limite du sérieux. Pour ma part, j’étais enthousiasmé de découvrir l’univers clos de l’olfaction. J’allais appréhender enfin sous un angle psychologique, voire semi-scientifique, ce qui caractérisait mes propres aptitudes sensorielles. J’ai ainsi pu rencontrer à Paris des grands parfumeurs, visiter des ateliers de fabrication d’essences aromatiques jusque dans la province de Grasse. Je partais à la conquête des ouvrages et des revues scientifiques sur la thématique des parfums, des arômes et des odeurs. Mes timides investigations devaient surmonter les impressionnantes personnalités de la société des parfumeurs. Je baignais nuit et jour dans un univers de parfum, d’essences multiples et d’odeurs captives.

Ma chambre que j’occupais dans un petit appartement que je partageais avec Bernard au centre de Neudorf, s’était transformée en une véritable aromathèque. Une multitude de flacons et d’échantillons de parfums que j’avais obtenue des nombreux fabricants spécialisés avaient trouvé place dans ma chambre. Cette collection de petits flacons de verre faisait l’admiration de toutes les copines qui venait me voir comme on visite un musée. Bernard était à la limite de l’acceptabilité d’une cohabitation.

Moyennant moult enquêtes avec questionnaires et distributions de mouillettes parfumées, je réalisais des analyses de perception olfactive pour déceler les perceptions psychologiques et sociales de mes interlocuteurs qui gentiment se prêtaient au jeu des senteurs.

La nuit mes rêves exprimaient des situations loufoques où j’évoluais au milieu de fleurs, de pâtisseries voire d’images érotiques. Les effets des émanations d’iris ou de jacinthe ou de vanille même de musc étaient les révélateurs sensoriels de mes nuits dantesques.

Ce travail de recherche me passionnait et faisait de moi un étudiant original dont je retirais une fierté non dissimulée. J’imaginais parfois que l’on pouvait me repérer dans l’anonymat des rassemblements. Parfois je craignais que cet excès de passion favorisât certain à me suivre à la trace.

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article