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Pour un nouveau démarrage

TRISTE 11 NOVEMBRE ET PRELUDE D'UNE SOMBRE SEMAINE

Nous sommes le 11 du onzième mois. Ce n’est pas du tout mon nombre… Il porte en lui comme une ombre. Encore une fois, on va nous parler de cet affreuse guerre et des derniers survivants qui chaque année se réduisent comme peau de chagrin. Et-ce l’anniversaire d’une grande guerre, de l’armistice ou des morts sur les champs de bataille ? Dans quatre ans ou huit ans,cela fera 100 ans,jour pour jour. Faudra-t-il persévérer dans cette commémoration, alors que bien d’autres évènements aussi mortels, aussi affreux, aussi internationaux tomberont eux dans l'oubli!

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Tristement Colmar.

Qu’observe-t-on aujourd’hui ? Une permanence et une mondialisation des guerres, des conflits, des attentats, des grèves, des assassinats, des rancœurs, des bagarres, des divorces, des emprisonnements, des prises d’otages, sans parler, des accidents, des maladies, des tromperies, des délits d’initiés, des vols, des scandales, bref, des quantités invraisemblables d’évènements qui noircissent les pages de nos journaux comme celle de notre vie quotidienne.
Prenez votre journal du jour, et examiner à la loupe tous les titres. Compter ceux qui utilisent des verbes ou qualificatifs à résonnance positive et ceux qui emploient des termes à connotation négative, faites le rapport et vous aurez le résultat statistique de la proportion 80 pour les drames et 20 pour les bonnes nouvelles.
Pour réduire de notre paysage ou faire oublier cette énorme proportion de tristes nouvelles, le génie de l’homme a découvert des dérivatifs, des cataplasmes, des échappatoires qui servent de fil rouge à notre désolante évolution mentale.
 
En premier lieu, la télévision cet outil manichéen que les gens adorent comme le veau d’or. Il souffle le froid avec ses informations planétaires même pour parler du réchauffement de la planète et souffle le chaud avec des émissions sans chaleur et tapageuses, des feuilletons où seuls existent les flics et les méchants, les variétés à vous endormir debout, les talk show de bas étages et j’en passe… Il faut être sacrément perspicace pour découvrir dans les programmes, des émissions avec un niveau intellectuel acceptable ( il y en a, mais cela doit représenter les 20% du paysage audiovisuel). Et dire que la télévision est vivante et fait vivre !
 
En deuxième lieu, les revues à sensation et spécialisées qui avec 80% d’images et 20% de textes vous font miroiter les plus beaux jardins, les plus beaux cadeaux, les plus belles stars, les meilleurs régimes minceurs, le top des grands vins, les meilleurs destinations de vacances, les lieux paradisiaques, et j’en passe…. Du rêve inatteignable pour les gens modestes et pauvres, aux gobbes mouches pour les autres. Il faut être masochiste pour s’intéresser aux journaux et revues qui évoquent ce que nous avons cité plus haut,  s’agissant des évènements dramatiques. Mais en définitive, pour que vive une la presse non indépendante, son luxe c’est de vendre à tout prix et pour que survive un temps, la presse indépendante, elle a besoin d’être rachetée par le luxe.
 
En troisième lieu, la publicité qui nous offre le miroir de notre désolation mentale à grands coûts de recherches esthétiques, douteuses parfois et dont les commentaires écrits ou oraux rivalisent dans un harcèlement abrutissant. Le comble est atteint lorsque l’on fait côtoyer la page publicitaire de rêve et de luxe avec le récit d’un évènement dramatique ( Publicité de la dernière BMW au regard de l’article sur le Darfour, un exemple parmi bien d’autres… ) ; Faites l’exercice, vous verrez, c’est édifiant. Et plus vous prenez des revues de gauche dites bien pensantes, plus, les publicités s’adressent au 5% de la population nanti.
 
Si j’ai évoqué ces trois opiums (parmi d‘autres)  c’est parce que je les considère comme les plus pernicieux pour notre vie de tous les jours. Ces trois phénomènes s’appliquent à la majorité des pays occidentaux dont bien entendu la France qui s’en gargarise.
 
Mais il y a un quatrième phénomène qui distingue la France des autres pays, c’est la pratique des grèves.
Pour preuve, depuis quelques temps, on nous dit à l’approche de l’hiver, «  vous allez voir le mois novembre sera chaud », alors qu’il y a quelques années, on  nous disait à l’approche du printemps, « vous verrez le mois de mai sera une explosion sociale ». Pourquoi ce pays a-t-il une propension pour les cortèges de rues. En France c’est la rue qui parle et les transports qui s’arrêtent Je hais les grèves corporatistes, les grèves par prise d’otages, les grèves du Public, les grèves politiques, les grèves à prétexte, les grèves de privilégiés, les grèves comme préalable à toute discussion, par contre,  j’accepte et je comprends les grèves de désespoir, les grèves de gens floués, les grèves pour perte d’emploi. Même inscrit dans la Constitution, la grève n’a rien de noble, elle relève d’une situation de conflit, de négation, d’opposition, de combat, de manipulation. Aujourd’hui l’objectif des grèves n’a plus rien à voir avec le passé. Nous assistons à un dévoiement politico- corporatiste. Aussi pour que la grève ne devienne pas une fin en soi, les organisateurs ou leaders syndicaux devraient employer leur activisme et leur ambition à s’intéresser, comme d’autres personnalités moins connues et plus dévouées, aux pauvres, aux abandonnés, aux immigrés, aux sans papiers, aux SDF, aux malades, aux vieux, car il y a toujours pire juste à côté de chez soi. Une chose est de défendre SES intérêts, tout autre chose est de défendre les intérêts des autres.
 
Sais-t-on à quel point l’image de la France est déplorable à l’étranger. On ne nous envie même plus notre baguette de pain, estimant que nous devrions être menés un peu plus à la baguette. Nos universités sont boudées par les étudiants étrangers, nos transports font la dérision des touristes qui se sont hasardés sur notre territoire au mauvais moment. On s’offusque que le Président de la République voit sa rémunération placé au niveau des leaders politiques européens et on évite de parler des 1,5 million d’euros de salaire annuel de Strauss Kahn nouveau directeur du FMI et non moins homme de gauche ! On raille une gauche qui s’enlise dans les discours sans fin et on peste contre un président omniprésent et phraseur. Ce type de contradictions gangrène notre société.
Alors comment sortir de cette sombre situation ?
Il faut prendre ses distances avec un certain nombre de catégories professionnelles ou publiques , pour ne citer que les plus connus : les gouvernants lorsqu’ ils sont trop sûrs de leur bon droit, les politiques lors qu’ils ne montrent pas l’exemple, les chefs de partis qui souvent ne roulent que pour eux mêmes,  les journalistes qui trop souvent jouent les donneurs de leçons et sont sûrs de leur savoir, les leaders syndicaux en manque de reconnaissance, les stars et la jet society toujours prête à ne pas partager le magot, enfin les grands dirigeants d’entreprise rivés sur la bourse et peu enclin au développement social.
 
Mais fort heureusement, il y a tous ceux qui ne demandent rien à personne, les modestes, les anonymes, les travailleurs, les cœurs tendres, les sauveteurs et bien d’autres qui ont trouvé à leur façon le moyen de lever la tête et d’embrasser le bonheur qu’ils ont déniché. Et pour que je ne sombre pas  dans le moralisme de comptoir, et pour trouver une fin à mon petit billet d’humeur,  je voudrais modestement affirmer qu’au delà de tout ce sombre tableau, j’ai hâte que l’on soit le 20 novembre. Peut être que le marasme et la chienlit seront derrière nous, et que nous pourrons fêter le Beaujolais nouveau, puis la fête de la Saint-Nicolas, puis la fête de Noël et aussi la fête de la Saint-Sylvestre. 

A dimanche prochain, pour un autre billet...
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