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Pour un nouveau démarrage

COLMAR CHERCHE CENTRE d'intérets

Les rues de Colmar reflètent-elles encore la réalité citadine et commerciale que les colmariens aspirent de leur vœux ? A l’aube de 2008 et des futures élections municipales, je me permets d’émettre quelques commentaires sur la configuration des rues qui animent le centre ville. 

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Le choc des enseignes ou avoir l'esprit d'à propos. Colmar rue des Têtes


Colmar est devenue une ville entièrement tournée vers le tourisme. La fonctionnalité même de la Cité qui devrait offrir l’ensemble des services marchands à ses habitants se laisse aller à des concentrations déraisonnées d’activités qui satisfont en priorité les gens de passages au détriment des citoyens qui y habitent en permanence. Les petits commerces classiques quittent le centre pour laisser la place aux restaurants, brasseries, salons de thé, crêperies, bars, fast  food, aux quels s’ajoutent des boutiques d’épiceries fines, des pâtisseries, de confiseries, des glaciers, de biscuiteries, bref tout ce qui peut satisfaire les besoins de gourmands affamés et de consommateurs assoiffés. C’est sans doute la Grand’rue qui est la plus représentative de ce folklore commercial. Ce type de commerces est démultiplié en décembre avec l’installation de petites maisonnettes (soit une centaine de petits étales supplémentaires) qui font de la surenchère sur la vente de denrées diverses, confiseries et boissons. Colmar ressemble à une vaste esplanade de limonadiers, confectionneurs de choucroutes et distributeurs de bières internationales.

Après la surenchère  des plaisirs gourmands aux goûts communs, il y a la multiplication des magasins de vêtements. Pour les plus petits aux plus grands, toutes les lignes, les marques et les enseignes de vêtements se concentrent à en perdre la tête dans  la rue des têtes et à en oublier ses clés dans la rue des  clefs. Qui dit habillement, dit tout ce qui va avec l’équipement et la décoration de nos silhouette à savoir :   les coiffeurs, les opticiens, les vendeurs de montres, de bimbeloteries, les magasins de chaussures et les parfumeries. Que dire des boutiques de souvenirs, de gadgets, d’antiquités, de fanfreluches, d’inutilités qui s’alignent dans la rue des Marchands, des Tanneurs et rue Mercière. Faudra-t-il s’attendre à les voir se démultiplier au rythme des visites de plus en plus nombreuses de touristes ?

Les places des Dominicains, de l’ancienne Douane et de la Cathédrale se couvrent de terrasses servant des boissons de l’aube à la nuit. Quelques magasins fort anciens vivent leur dernières heures et résistent à tout rompre derrière leur vielle vitrines décaties offrant des articles décalés comme le marchand de meuble et le chapelier de la Cathédrale, le droguiste et le marchand d’aéromodélisme de la rue Vauban, le bouquiniste et le numismate de la rue des Marchands, ou la civette et la pédicure de la rue de la République. Les agences immobilières fleurissent à tous les coins de rue. Fini, les merceries, les électriciens, les luminaires, les équipementiers, les magasins d’art ménager.

Et pourtant, si l’on fait abstraction des vitrines commerciales,  Colmar arrive à garder un cachet original avec son architecture préservée. On peut encore rêver à la Petite Venise, éviter de se faire mener en bateau quai des Poissonniers, se faire transporter aux temps anciens rue du Chasseur, admirer les édifices religieux et les anciennes places. Mais pour découvrir Colmar sous son plus bel angle, il faut attendre la tombée de la nuit. Là les magasins sont éteints et donc fermés et le regard peut alors se relever pour admirer les vieilles enseignes qui racontent  le passé ancestrale de la ville. A ce propos, aller découvrir sur TV7, Christine Venner qui raconte merveilleusement les rue de Colmar.

tv7.fr

Il est vrai que ces soixante dernières années ont totalement transformé cette ville. Colmar est devenue une ville musée avec ses administrations juridiques, rejetant à la périphérie ses quartiers dortoirs. Les plans de circulation changent en permanence, les parkings pour bus et voitures de tourismes se multiplient ce qui donne des ailes aux contrôleurs de la ville pour épingler les autochtones. Bref, Colmar est  une Cité dont la gestion de ces quinze dernières années a vidé le cœur de ville  de ses jeunes habitants qui reviennent tuer le temps en déambulant devant des vitrines qui ne les concernent pas,  tout en croisant  les vieux habitants qui osent encore s’aventurer péniblement sur les rues pavées.

Colmar doit se rajeunir à tout prix en regardant ce qui réussit dans des villes voisines comme Mulhouse, Sélestat, ou Fribourg en Brisgau. Sa dimension culturelle doit exploser. Sachant que Colmar n’a pas été encore capable de se doter d’une médiathèque digne d’une cité de 80 000 habitants, nous suggérons un défi  pour le futur (nouveau) maire. La réalisation d’une médiathèque ultra moderne. Non pas un projet qui consiste à aménager une médiathèque dans le vieux bâtiment des anciens hôpitaux. Non, il faut doter Colmar d’un vaste bâtiment de verre, ouvert à tous les citoyens sans exception et qui deviendrait la vitrine des habitants et non celle des commerçants. Un gigantesque  lieu de rencontre communautaire et d’enrichissement. Ce nouveau centre serait le trait d’union entre le passé historique de la ville et le futur culturel et humanisé de la cité.

Et pourquoi ne pas réaliser un tel projet en associant les habitants? Quel symbole et quelle ambition pour une ville qui jusqu’à ce jour  a toujours cherché à se complaire dans le paraître.  Voilà une occasion pour une nouvelle gouvernance de se préoccuper d’abord de la réalité sociale et de l’avenir de ses concitoyens.

C'était mon quart d'heure de montée d'adrénaline!!!
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Maison des Têtes et Maison des Bonnets !!! Colmar (68)

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